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SpaceX / Super HeavyTous les décryptages
Starship et Super Heavy assemblés près de la tour de lancement de Starbase
SpaceX4 min de lectureT4 2026

Super Heavy

En développement · 2023

Le premier étage géant de Starship, capturé par les bras de la tour puis réutilisé.

Super Heavy est le propulseur géant du premier étage qui soulève Starship, le système à deux étages entièrement réutilisable de SpaceX conçu pour emmener équipages et fret en orbite terrestre, sur la Lune et sur Mars. C’est le propulseur de fusée le plus puissant jamais construit, et il est fait pour revenir : au lieu d’être jeté, il revient vers le site de lancement et se fait rattraper en plein vol par deux bras de la tour. La tour a capturé des propulseurs lors des vols 5, 7 et 8, et deux de ces propulseurs ont revolé lors des vols 9 et 11.

Qu’est-ce que Super Heavy ?

Le Super Heavy version 3 mesure environ 72 mètres de haut, à peu près un immeuble de 23 étages, et 9 mètres de diamètre. Il fonctionne avec 33 moteurs Raptor 3 qui brûlent du méthane liquide (CH4) et de l’oxygène liquide (LOX), un mélange que les ingénieurs appellent méthalox. Au décollage, il produit environ 80,8 méganewtons de poussée selon les chiffres de SpaceX, soit environ 18,2 millions de livres. C’est la moitié inférieure de Starship, l’étage qui fait le plus dur : quitter le sol.

Pourquoi Super Heavy existe

Le propulseur existe pour résoudre le plus vieux problème du vol spatial : les fusées sont en général jetées après un seul usage, une façon coûteuse de voyager. Super Heavy est issu des premiers projets de transport interplanétaire de SpaceX, autrefois appelés BFR, et la logique est claire. Réutiliser les deux étages, emporter plus de charge utile par vol, voler plus souvent et construire les fusées à la chaîne : tout converge vers un seul but, faire baisser le coût par kilogramme mis en orbite assez pour rendre abordables les missions vers la Lune et Mars.

Comment ça fonctionne

Les 33 moteurs se répartissent en 13 moteurs centraux orientables, qui pivotent pour diriger la fusée, et 20 moteurs périphériques fixes. Ensemble, ils font de Super Heavy le poids lourd de la poussée au décollage, loin devant le Space Launch System de la NASA et plus du double de la Saturn V de l’époque Apollo.

Super Heavy sous Starship
Photo : SpaceX
Le propulseur de fusée le plus puissant jamais construit

Cette force vient du moteur Raptor, qui gagne en puissance à chaque génération. La poussée au niveau de la mer a augmenté du Raptor 1 au Raptor 2 puis à l’actuel Raptor 3, le moteur du propulseur version 3, avec 280 tonnes de poussée chacun.

La poussée du Raptor a augmenté à chaque génération

Le vrai tour de force tient à la façon dont il revient. Au lieu de se poser sur des jambes ou de tomber en mer, Super Heavy revient vers le site de lancement et se fait rattraper en plein vol par deux bras mécaniques de la tour, un ensemble surnommé Mechazilla. Rattraper le propulseur au pas de tir permet de l’inspecter, de procéder à un essai de mise à feu et de le faire revoler depuis le même endroit, sans barge, sans repêchage dans le golfe du Mexique et sans long démontage.

L’économie de Super Heavy

Réutiliser tout le premier étage doit faire chuter le coût par kilogramme mis en orbite. La clé est un moteur Raptor plus puissant et plus léger : le Raptor 3 a supprimé les boucliers thermiques du moteur et intégré la tuyauterie directement au moteur, ce qui a beaucoup allégé le moteur et le matériel côté véhicule. Plus de poussée avec moins de métal, c’est un gain de rapport poussée/poids, et il s’additionne vite sur 33 moteurs.

Plus de poussée, moins de masse : le Raptor s’allège

Où en est Super Heavy

Jusqu’au vol 14 du 28 septembre 2026, premier vol de Starship à atteindre l’orbite, SpaceX a effectué 14 vols d’essai intégrés. Le propulseur version 3 en est à sa première série d’essais en vol. Lors des vols 12 et 13, moins de moteurs que prévu se sont rallumés pour le retour, et les deux propulseurs sont retombés dans le golfe du Mexique. Pour le vol 14, SpaceX a prévu que l’allumage de retour (boostback), qui réoriente le propulseur vers le site de lancement, consomme l’oxygène liquide restant dans le réservoir principal, afin de tester ses limites avant les prochains retours à la tour, et le propulseur a amerri dans le golfe sur trois moteurs.

La suite

L’objectif est une réutilisation rapide et complète, avec un délai entre deux vols qui passe de plusieurs mois à un ou deux mois, puis à quelques semaines. Si rattraper un propulseur devient aussi routinier que poser un avion, les vols fréquents cessent d’être rares et deviennent une habitude. C’est cette baisse des coûts qui finance les missions habitées vers la Lune et Mars et le déploiement de satellites à grande échelle.

Le bilan

Super Heavy a déjà la poussée pour laquelle SpaceX l’a conçu, et les économies viennent de sa capture par la tour et de sa réutilisation, la prochaine étape pour le propulseur version 3.

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Chronologie

  • 2023, février : premier grand essai de mise à feu statique de Super Heavy, le Booster 7 allumant 31 de ses 33 moteurs sur le pas de tir, sans Starship au-dessus.
  • 2023, 20 avril : le vol d’essai intégré 1, première tentative de lancement orbital, atteint environ 39 km avant la fin du vol.
  • 2023, 18 novembre : le vol d’essai intégré 2, avec le Booster 9 et le Ship 25, réussit la première séparation à chaud.
  • 2024, 13 octobre : le vol d’essai intégré 5 réalise la toute première capture d’un propulseur Super Heavy par les « baguettes » de la tour, dès la première tentative ; Elon Musk écrit « Le propulseur de la fusée Starship a été capturé par la tour. »
  • 2024, 19 novembre : le vol d’essai intégré 6 renonce à la capture quand les communications avec la tour s’interrompent, et le propulseur amerrit en douceur dans le golfe du Mexique.
  • 2025, 16 janvier : le vol d’essai intégré 7 réussit une deuxième capture par la tour, un moteur ne s’étant pas rallumé pendant l’allumage de retour.
  • 2025, 6 mars : le vol d’essai intégré 8 réussit une troisième capture de Super Heavy par la tour.
  • 2025, 27 mai : le vol d’essai intégré 9 marque le premier revol d’un propulseur Super Heavy, déjà utilisé lors du vol 7.
  • 2025, 26 août : le vol 10 atteint ses principaux objectifs d’essai, dont le premier largage réussi d’une charge utile par le vaisseau.
  • 2025, 13 octobre : le vol d’essai intégré 11 fait revoler le Booster 15, qui revient vers une zone d’amerrissage en mer prévue à l’avance.
  • 2026, 22 mai : lors du vol 12, premier vol de la version 3, le propulseur allume moins de moteurs que prévu pour le retour et retombe dans le golfe du Mexique.
  • 2026, 24 juillet : lors du vol 13, le propulseur rallume moins de moteurs que prévu pour l’allumage d’atterrissage et retombe dans l’eau.
  • 2026, 28 septembre : le vol 14, premier vol de Starship à atteindre l’orbite, déploie 26 satellites Starlink V3, et le propulseur amerrit dans le golfe du Mexique.
Sources (11)
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